25.06.2018
Surf trip au Mexique avec Maxime Deulceux

Notre ambassadeur Maxime Deulceux nous livre le récit de son surf trip au Mexique, entre Punta de Mita et Puerto Escondido où la houle était au rendez-vous... 

 

Surf trip au Mexique 

"Départ de Nantes avec ma copine Anaïs, je décide de partir le boardbag vide dans le but de me ramener une planche souvenir de Puerto Escondido. Celle que je m’étais ramenée en 2011, était magique mais déjà en deux, elle fait aujourd’hui la déco du salon.

  

Nous avons d’abord atterri à Puerto Vallarta pour une petite étape de quelques jours à Punta de Mita. Ça sera donc ma première session du trip. J’ai loué une planche, une Haydenshapes, 5’10, plus qu’à partir à la recherche des vagues.

  

On s’engage dans la végétation de la mangrove, ça sent bon le spot de surf sauvage. On longe un petit chemin le long d’un cours d’eau, les arbres laissent un passage étroit au dessus de nos têtes. Anaïs me dit doucement « Oh regarde, un crocodile » en me le montrant du doigt à travers les branchages, je n’y croyais pas, je commence à me moquer, et en regardant de plus près… Une silhouette immobile à la surface de l’eau dirigée vers l’océan attendait patiemment. Un croco de trois mètres de long. En restant bien à l’écart, nous avons contemplé quelques minutes ce majestueux « gardien du spot ». Anecdote des locaux, il faut savoir qu’à la saison des pluies, ils peuvent traîner sur le spot vers la sortie de la mangrove, plutôt flippant non?!

 

En arrivant sur la plage la houle était là, des jolies vagues propres, les quelques surfeurs à l’eau sont tous à la pointe, personne à gauche, je décide de jouer la tranquillité.

  

Une surfeuse en longboard me rejoint, deux à l’eau pour une première session en boardshort, juste parfait. Les vagues s’enchaînent, les courbes aussi, la Haydenshapes est top. La vague est sympa à surfer, largement le temps de mettre trois manœuvres dessus, un premier turn, cut-back, floater ou re-entry. Surfer en boardshort après un hiver en intégrale 5/4 mm, c’est comme être libéré de ses chaînes, cerise sur le gâteau en sortant de l’eau, baleines à bosses en vue au large.

 
surf trip Mexique
  
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surf trip Mexique
 
 

Après une semaine de road trip dans le Yucatan à la recherche des plus beaux cenotes, visites des pyramides mayas, nous voilà repartis pour la côte Pacifique, direction Oaxaca, pour 12 jours. Un surftrip aussi court c’est un peu un pari, surtout à cette période sur cette destination, mais on peut dire, qu’on a été gagnant sur ce coup là.

 

Après 24h de bus, arrivée à Puerto Escondido. Je m’attendais à voir un changement énorme mais 7 ans après, ça n’a pas vraiment changé, les prix ont légèrement augmenté et les grands hôtels sont toujours en construction, les commerces sont quasi identiques, mais l’essentiel, les vagues, sont toujours là ! À notre arrivée, les vagues étaient petites, un mètre, shorebreak.  Les quelques surfeurs que nous croisons parlent d’un mois très long sans vagues, mais nous rassurent vite en nous parlant d’une poussée de houle prévue dans les deux jours à venir, juste, le temps de prendre ses marques, de trouver la bonne planche. J’avais glissé dans mon boardbag vide une paire de palmes, alors je profite de ces premiers jours pour faire un peu de bodysurf pour garder la forme. On commence à être experts en « comida mexicana» et il faut dire qu’on mange bien au Mexique ! J’en ai l’eau à la bouche en repensant aux tacos dorados !

  

Deuxième jour sur Puerto, j’ai trouvé mon semi-gun, une 7’3 shapée par un brésilien, Daniel Ostrowski et je loue une petite planche en plus, une Simoes 6’1, un autre shaper brésilien pour les vagues de moins de 2 mètres.

 

La houle rentre enfin. Je me réveille à l’aube avec le bruit des vagues, je monte sur la terrasse du toit de l’hôtel… Le vent est offshore comme tous les matins. La poussée de houle se fait sentir, les vagues passent le mètre cinquante et ouvrent un peu. Le soleil, les vagues parfaites, je sors la Simeos, petite session sympathique, histoire de bien démarrer la journée et de s’ouvrir l’appétit. Au menu du jour, ceviche de thon maison, poisson frais du matin, acheté aux pêcheurs sur la plage.

 

Le lendemain, je me remets à l’eau avec la Simeos, je prends une gauche, une série passe derrière, un bon gros deux mètres, oui, enfin le vrai visage de Puerto ! Je sors chercher ma 7’3. Première vague, après un drop bien engagé, un photographe amateur en aqua sur le passage, ne me laisse qu’une option prendre la meilleure trajectoire pour un tube parfait.  C’est bien rangé, il y a plus de puissance, le ride est plus long. Deux heures de surf intense et déjà quelques beaux wipe out !

 

 
surf trip Mexique
 
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La houle a bien grossi, les sessions s’enchaînent.

 

Quand on arrive sur le sable ce matin là, on ressent bien que ça a encore pris en intensité. C’est le pic de houle de la semaine. La droite qui longe le bord fait trembler les spectateurs quand elle se brise. Il y a évidemment pas mal de monde sur le coup, surtout des bodyboarders. Plus de 3 mètres sur les grosses séries du large, adrénaline assurée au take off. Quelques tubes, un bon wipe out en droite, une chute du haut d’une belle vague, la tête la première, les cervicales ont bien ramassé. La force de la vague, la puissance du spot est folle.

J’ai du sortir à contre cœur, après à peine 1h30 dans l’eau, la planche cassée en deux...

L’après-midi, après une petite sieste, on est parti à la recherche d’une solution de réparation, ce qui nous a conduit jusqu’à Mike Moncada, le père d’Oscar Moncada, une légende de Puerto qui a perdu la vie dans un accident de voiture à l’âge de 34 ans, en 2017. Un des surfeurs de gros les plus connus au monde. J’étais ému de rencontrer Mike car j’avais surfé et sympathisé avec son fils en 2011 lors de mon premier trip à Puerto Escondido, un homme très souriant et humble comme son père. Installé depuis des années, perché dans les hauteurs de la baie, son atelier, c’est la bonne adresse à avoir. Ses conseils on été précieux, il ne s’est pas lancé dans la répa de ma 7,3 qui était trop délaminée ou en tout cas il ne pouvait pas le faire dans les 24h, je suis reparti avec une planche de prêt sous le bras, une hawaïenne, un vieux shape, aux allures vintage, une 7’6 jaune fluo, déjà bien réparée mais c’était mieux que rien !

 

Avant dernier jour -  Glassy, la couleur de l’eau avait changé, un bleu plus sombre. Réveil difficile, la nuque un peu raide, les heures passées dans l’eau commencent à se faire sentir. Les séries étaient plus longues à rentrer mais la lèvre de la vague était plus épaisse. Pas facile de se faire sa place au peak . Il faut dire que les locaux ont tellement été abusé par les touristes irrespectueux, qu’aujourd’hui, il règne une ambiance plus dure à l’eau. Même en s’appliquant à respecter les locaux, priorité ou pas, la plupart dropent sans scrupule. Difficile de sortir de belles vagues, du coup, quand tu la trouves, tu la savoures.

Le nose de la 7’6 n’a pas résisté à cette session, retour chez Mike dans l’après-midi, il avait mis la main sur une planche pour moi, une 6’10 Jeff Johnston, epoxy, avec un pont en bambou, ultra légère et très résistante un très beau shape round pin tail. Session sunset pour la tester. Mike m’aura sauvé la dernière session du trip. Un bon deux mètres pour le dernier jour, super feeling avec cette planche. Ce matin là, j’ai pris le tube le plus long du séjour !

 

Midi, direction le petit aéroport de Puerto Escondido, on est rentré à la maison la tête pleine de beaux souvenirs, une nouvelle planche magique dans le quiver, en pensant déjà aux futures sessions.

 

Viva México !" 

 
Récit de Maxime Deulceux et photos Anaïs Bednarek. Suivez les aventures de Maxime sur son compte Instagram. Suivez l'été du couple sur le site de Papaï Paddle et leurs voyages sur le blog d'Anaïs
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