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“Mon père m’a appris deux choses : le vin et le ski. J’ai vite choisi.” On m’avait prévenue, Clément Picart a la connerie facile. Il m’explique que plus jeune, il passait ses vacances au ski, qu’il a toujours aimé le sport, qu’il a été gymnaste et a aussi pratiqué le snowboard avant de plonger dans le monde merveilleux du ski. “J’ai même connu le début du freestyle à la fin des années 1990. C’était encore l’époque où on n’avait pas le droit de skier dans les snowparks dans les Pyrénées.” Clément ajoute que même s’il vit aujourd’hui dans les Alpes, son cœur reste Pyrénéen. L’histoire pourrait s’arrêter là mais malgré son envie de simplicité, Clément Picart ne s’arrête jamais.

Originaire de la région de Perpignan, il s’installe très tôt à Font-Romeu avec une seule idée en tête : skier un maximum. Il passe alors par ce qu’il appelle le “cursus classique” ; compétitions, monitorat de ski, voyages au Chili, en Argentine et l’accident qui bouscule son chemin de vie. “Suite à cette blessure en 2013, j’ai contacté mes sponsors en leur faisant part de ma volonté de faire uniquement de l’image. Tout le monde m’a soutenu. Ce que j’ai toujours aimé dans le ski, c’est m’amuser. Et ce que je voulais à ce moment-là, c’était prendre encore plus de plaisir.”

“On fait juste du ski, on n’a pas besoin de se prendre au sérieux. On a juste la chance d’en avoir fait notre métier.”

C’est là que commence l’aventure What’s Your Name, une websérie fondée avec deux copains et destinée à mettre en avant les Pyrénées sous le ton de l’humour et à travers de belles vidéos d’action. “On voulait partager des images de ski de haut niveau, créer du contenu de qualité dans un esprit détente. Et puis, surtout, se démarquer en restant nous-mêmes. On vit dans un milieu où beaucoup de sportifs se prennent au sérieux. Dès le début, on a souhaité mettre en avant le fait qu'on ne faisait finalement que du ski et qu’on avait juste la chance d’en avoir fait notre métier.” Parodies et performance, voilà le combo optimal pour transformer un projet artisanal en un rendez-vous national incontournable proposant jusqu’à 15 épisodes par saison. Sur le papier, on était trois mais derrière on était bien plus. Parfois, pour monter sur des événements, on louait un bus, on arrivait à 20. L’aspect familial et communautaire, c’était notre truc.” Clément a d’ailleurs une manie verbale, il parle au pluriel comme s’il était constamment accompagné, faisant passer le collectif avant le ride en solo. “Le fait d’être autonomes nous a permis d’être beaucoup plus créatifs et de pouvoir nous amuser. C’était notre philosophie. Aujourd’hui, mes priorités restent les mêmes. Ce que j’aime faire, c’est simplement montrer qu’on est des passionnés. Je ne me sens pas légitime pour revendiquer des choses et mettre en avant une parole. J’ai des avis mais ça reste personnel. En revanche, de la bonne humeur, dire des conneries et montrer du beau ski, je pense que ça me correspond davantage.” La websérie à succès durera 6 ans. En parallèle, Clément fait déjà quelques allers-retours dans les Alpes où il signe alors un contrat avec Courchevel. L’objectif : créer du contenu vidéo pour la station. “J’ai découvert l’auto-production, c’est-à-dire qu’au lieu d’être sur un format classique avec un rider et un producteur, c’est les riders qui s’auto-produisent.”

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“Ça fait 10 ans que je suis ici mais cette étiquette de Pyrénéen, on la garde à vie.”

Aujourd’hui basé sur le domaine des Trois Vallées, Clément est non seulement proche des copains, de la Vallée de Belleville, de Méribel, à quelques sauts de puce du parc national de la Vanoise, un endroit préservé et naturel, mais surtout au cœur du plus gros domaine skiable au monde. “Il y a un super terrain de jeu pour le ski, avec même des décollages pour rentrer à la maison en parapente !” Rien que ça. En termes de dénivelé et de variétés de skis, pour la pratique et pour faire bref, Clément se goinfre. “Ça fait 10 ans que je suis ici mais je reste Le Pyrénéen. Je crois que c’est un atout aujourd’hui car je ne suis pas le mec de la vallée d’à côté. Cette étiquette de Pyrénéen, on la garde à vie et ça me va.”

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