Interface entre votre snowboard et vous, les fixations sont un maillon essentiel de votre équipement. Il en existe différentes sortes, pour tous les styles, y compris au niveau du look. Une bonne paire de fixations s’use bien moins rapidement qu’une paire de boots et qu’un snowboard, vous les garderez longtemps. D’où l’importance d’opter pour des fixations adaptées à votre façon de rider.
Voici quelques clés, d’abord pour bien les choisir, ensuite pour bien les monter et les régler.
Ce qu'il faut retenir
| En bref | |
|---|---|
| Le rôle des fixations | Transmettre les forces du rider à la planche : réactivité et contrôle |
| La pièce clé | Le spoiler (highback) : sa hauteur et sa rigidité déterminent le style de ride |
| Le bon choix | Freeride = rigide et précis / Freestyle = souple et tolérant / All mountain = compromis |
| Les systèmes | Coques traditionnelles, entrée arrière, double entrée, automatiques (Step On, Clicker, Supermatic), à plaques, splitboard |
| La taille | Toujours essayer les fixations avec ses propres boots avant l'achat |
| Le stance | L'écartement des pieds : jamais inférieur à la largeur des épaules |
| Les angles | Base de départ : 20-25° à l'avant, 0° à l'arrière, à ajuster ensuite par tâtonnement |
1) Autopsie d’une fixation de snowboard
Les fixations de snowboard ou coques pour rider en soft boots (bottes de snow) assurent la transmission des forces à la board et donc sa réactivité et son contrôle.
Une fixation se compose d’une cinquantaine de pièces et emploie différents matériaux. Passons en revue les pièces incontournables et attachons-nous à leur fonction.
Le spoiler ou highback : anatomique, il est plus ou moins haut et plus ou moins rigide, selon qu'on soit porté sur le freestyle ou le freeride, parfois asymétrique et plus enveloppant sur le côté extérieur, de différentes densités, plus ou moins évidé pour gagner en légèreté. Il est réglable en inclinaison avant, c’est le forward lean pour gagner en réactivité.
C’est surtout le highback qui fera que vous apprécierez ou pas une fixation car il influe directement sur la façon de rider et sur le comportement de la board.
Notez qu’on trouve quelques rares fixations sans hi-back pour celles et ceux qui pilotent avec leurs chevilles et sont fans de powpow !

Spoiler haut et rigide = réactivité, rapidité des transferts d’appuis, soutien & précision en backside, ride puissant, contrôle à grande vitesse et sur terrains escarpés. Un spoiler en carbone sera très rigide, léger et ultra réactif.
Spoiler bas et flexible = tolérance, ride en douceur, transmission moins rapide des appuis, permet de tweaker en freestyle, adapté pour les nose /tail press et pour le jib.

Embase (châssis) et heelcup (arceau talon) : c’est sur l’embase que viennent se fixer toutes les pièces de la fixation. Les types de matériaux utilisés conditionnent son flex et donc son type d’utilisation. Si le plastique, polycarbonate et l’uréthane, sont des matériaux plutôt souples, tolérants et confortables, les embases en nylon renforcé avec des fibres de verre ou même du carbone sont plus rigides, ainsi que les embases et arceau en métal (aluminium).
Parfois, embase et heelcup (arceau talon) ne font qu’un. Aluminium et carbone augmentent la réactivité et la légèreté mais manquent de tolérance.
Quand l’arceau talon (en plastique ou en métal), fixé sur l’embase, est réglable, cela permet de centrer sa botte sur la fixation pour un ajustement tip top.
Gas pedal et pads amortissants : la première, sur l’avant de la fixation permet de rehausser les orteils (pratique pour les grands pieds), mais aussi d’améliorer le contrôle des appuis en frontside. Quant aux pads amortissants, ils absorbent les vibrations et apportent du confort au ride.
Les disques permettent de fixer les fixations à la board. En plastique, métal, ou alliage, il en existe de différentes sortent, 4x4 (le standard), 3D pour Burton, minidisque pour Nitro (compatible 4x4) et Channel/EST Burton et K2 (pas de disque).
Les straps (sangles) : la majorité des fixations ont deux straps, coup de pied et orteils. Il existe aussi des monostraps notamment pour les fixations à entrée arrière, voir pas de strap du tout pour les fix automatiques (Burton Step On et Clicker de K2)
- Strap coup de pied ou strap cheville : ce strap réglable est soit rembourré, soit sans garniture en ce qui concerne les straps 3D pré-moulés plus légers et proches du pied.
- Strap orteils et sa variante l capstrap: le capstrap qui enveloppe l’avant de la botte permet de reculer cette dernière au fond de la fixation pour un maintien optimal.

Crochets (ou boucles) et crémaillères permettent de serrer et desserrer les straps avec un ajustement précis. Les crochets sont une pièce maîtresse que vous manipulerez le plus souvent chaque fois que vous chaussez et déchaussez. Un crochet en métal sera plus durable.
2) Quelle fixation pour quel style de ride ?
Flex plus ou moins rigide et spoiler plus ou moins haut déterminent le style de ride et dépendront de vos préférences.
Une fixation de freeride qui nécessite précision et puissance sera plus rigide avec un spoiler plus ferme et plus haut qu’une fixation de freestyle plus souple pour faire des figures et plus tolérantes en réception. Quand une fixation all mountain sera un compromis entre les deux.
Mais tout est question de goût et de niveau. En général une fixation rigide, précise et directe est plus technique et difficile à rider qu’une fixation souple qui sera plus confortable et plus endurante.
3) Les différents systèmes de fixations
Coques traditionnelles à double strap : avec une entrée latérale en ouvrant les straps, c’est la plus répandue sur le marché. Elles sont compatibles avec toutes les bottes du marché.
Fixations à entrée arrière : imbattue au niveau du confort d’utilisation, inventée par Flow dans les années 90 puis suivie par d’autres marques, inutile de défaire les straps ou le strap pour chausser et déchausser, c’est le spoiler qui s’incline et se rabat de façon à rentrer son pied par l’arrière dans la fixation. L’avantage : le chaussage est rapide et grâce au serrage mémorisé, les straps restent réglés une bonne fois pour toutes.
Fixations à double entrée : fixation à entrée arrière pouvant aussi se chausser de façon traditionnelle avec les straps, ce qui est pratique car elle permet de chausser quel que soit le terrain et la pente.
L’ovni : la marque Now qui propose la fixation pivotante Skatetech qui rend le ride plus confortable et transfère plus directement votre énergie sur vos carres. La marques Jones utilise aussi le système Now
Fixations automatiques : ces systèmes permettent de chausser et déchausser en un éclair pour être aussi rapide que les skieurs.
Inventé au milieu des années 1990 par K2, le step-in, qui fut mis au placard a été remis au goût du jour par K2 avec son système Clicker (adopté aussi par Nitro) en 2016, puis avec la deuxième génération avec fixation Clicker à spoiler en 2020. Dans le même temps, Burton sortait le step-on apprécié du grand public. L’inconvénient est que ces systèmes demandent des boots compatibles pour chacun d’eux, boots qui sont pas compatibles avec des fixations classiques. Bref acheter une fixation Step on ou Clicker exige d’acheter la botte qui va avec.
A la différence de Nidecker qui est arrivé avec une fixation automatique universelle, la Supermatic, qui se chausse avec n’importe quelle botte traditionnelle : il suffit d’insérer son pied à l'arrière et appuyer sur la pédale du talon pour fermer automatiquement la fixation. Un simple levier de déverrouillage rend la sortie aussi rapide. A double entrée, elle permet aussi un chaussage classique.
Fixations à plaques avec des étriers pour la minorité de snowboarders qui rident encore en hardboots, les alpins adeptes de carving, mais aussi, et de plus en plus, les splitboarders.
Fixations de splitboard : une fixation de split se caractérise par l’interface à savoir tous les éléments vissés sur la board et qui assurent la connexion de la fixation à la board (ou aux skis) que ce soit le mode descente ou montée. La fixation, dans lequel on met sa botte, reprend les codes des « coques » traditionnelles pour les soft boots et des étriers pour les hardboots. L’offre de fixations de split est large avec différents systèmes : Voilé (K2 et Ride), Spark (Nitro, Burton et le step on split de Burton), Karakoram, le français Plum (avec des fixations de split pour softboots et pour hardboots), Union, Phantom (fixation à plaque pour hardboots).
Fabricants de splitboards et fabricants de fixations ont adopté le standard d’inserts Voilé qui permet la compatibilité entre toutes les fixations et tous les splitboards du marché.
LES TIPS DE PRO
OXBOW a demandé à 3 snowboarders PRO de donner tous leurs tips sur le matos snowboard dont le choix des fixations, leurs préférences et leurs retours d'expériences :
4) Conseils pour choisir ses fixations
Choisir la bonne taille
Un modèle de fixation est généralement décliné en plusieurs tailles, S, M, L et même XL ou S/M et L/XL. L’embase sera plus ou moins large et longue, ainsi que le spoiler. Attention une fixation S pour femme sera plus petite et étroite qu’une fixation S pour homme, car il existe des fixations spéciale femme et c’est heureux. Vous trouverez également des fixations enfants.
Si les fixations sont trop larges pour vos boots, vous perdrez en contrôle, et il vous faudra serrer les straps à fond, ce n’est pas confortable et ça use les bottes.
Le spoiler ne doit pas être plus haut que la botte sous peine d’inconfort et de cisaillement du mollet.
Pour choisir la bonne taille et s’assurer de la compatibilité des fixations avec les bottes, essayez les fixations avec vos boots car selon les marques, à pointure égale la botte sera plus ou moins volumineuse.
Vérifier aussi la compatibilité des fixations avec les inserts de la planche, le standard étant les inserts 4x4, alors que Burton est équipé d’inserts 3D ou de channel/EST.
Pour choisir sa fixation de splitboard, prêtez attention à l’interface, la partie déterminante pour effectuer vos manipulations de splitage et désplitage. Fluidité, accessibilité même avec des gants, rapidité du passage d’un mode à l’autre, panel de réglages d’angles en mode ride et poids sont à considérer.
Et le prix dans tout ça ? Bonne nouvelle, ce n’est pas forcément la fixation la plus haut de gamme et la plus onéreuse qui correspondra à vos attentes.
Le prix des fixations de split est plus élevé que le prix de coques traditionnelles.
5) Conseils pour le montage des fixations sur son snowboard
Bien centrer et régler ses fixations
Une fois le stance choisi (on y revient plus bas), il s’agit de centrer la fixation sur la largeur planche. Si vous êtes mal centré, aussi tolérant et équilibré soit votre snowboard, vous aurez l'impression qu'il tourne plus facilement d'un côté que de l'autre et vous aurez du mal à rester stable en ligne droite. Bref, le plaisir sera gâché pour quelques petits millimètres. Si vos pieds sont trop grands, privilégiez un dépassement au-dessus de la carre frontside car la board prend moins d’angle en front, les fautes s’anticipent mieux car vous sentirez la neige frotter sur vos orteils avant de décrocher.
Le montage (et le stance de référence) préconisé par le fabricant est indiqué sur la planche. Montez vos fixations de façon symétrique par rapport au marquage préconisé.
Centrez la botte dans la fixation en avançant ou reculant le spoiler, le heelcup et le gas pedal.
Quel stance ?
Le stance est l’écartement des fixations de snowboard entre les deux pieds. On le mesure à partir du centre des disques. Pour calculer le stance, il n’y pas d’équation parfaite, il dépendra de votre gabarit et de votre style de ride, mais ne sera jamais inférieur à la largeur de vos épaules.
Plus de stance = stabilité
Moins de stance = rapidité des rotations en freestyle
Quels angles ?
Pour savoir quel est le bon angle du pied avant et du pied arrière, il n’y a pas de règle, c’est à vous de les trouver en fonction de votre morphologie et de votre technique. Vous affinerez le réglage des angles avec le temps.
Sachez que la variation d'angle au pied avant influe moins le ride, mais plus le confort sur la board. En revanche quelques degrés au pied arrière peuvent changer votre style de ride :
- plus vous diminuez l'angle au pied arrière, plus l'appui backside est puissant.
- plus vous augmentez cet angle, plus le virage frontside est fluide.
On préconise de conserver au moins 15° d'écart entre les 2 pieds.
La bonne position pour commencer est 20/25° devant et 0° derrière. Partez de là, puis passez une journée en essayant + ou - 3° à chaque pied, jusqu’à trouver votre stance idéal.

FAQ : Fixations de snowboard
Quelle fixation choisir pour débuter ?
Pour débuter, privilégiez une fixation au flex souple et au spoiler bas, plus tolérante et confortable. Les coques traditionnelles à double strap restent le système le plus simple à appréhender et compatibles avec toutes les boots.
Comment savoir si mes fixations sont à la bonne taille ?
Essayez toujours vos fixations avec vos propres boots avant l'achat. Si elles sont trop larges, vous perdrez en contrôle ; si le spoiler dépasse la hauteur de la botte, vous risquez un inconfort au mollet.
Quel est le bon stance en snowboard ?
Il n'existe pas de mesure universelle : le stance dépend de votre gabarit et de votre style de ride, mais il ne doit jamais être inférieur à la largeur de vos épaules.
Quels angles régler en premier ?
Une base de départ courante est 20-25° au pied avant et 0° au pied arrière, avec au moins 15° d'écart entre les deux pieds. Ajustez ensuite par tâtonnement de 3° en 3°.
Fixations automatiques ou traditionnelles : que choisir ?
Les fixations automatiques (Step On, Clicker, Supermatic) offrent un chaussage très rapide, mais imposent souvent des boots compatibles spécifiques. Sauf la Supermatic de Nidecker, compatible avec des boots classiques. Les coques traditionnelles restent universelles.
Vous voilà fixés, enjoy !



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