18.01.2017
Lost in the swell : découverte de la vague "le spot en bois"
Voyages | Découverte de trois nouvelles vagues

 

Les trois surfeurs Ewen, Aurèl et Ronan du collectif Lost in the Swell ont exploré à vélo les côtes du Gabon pour dénicher des vagues vierges. Ils ont réalisé le rêve de tous les surfeurs : dénicher des vagues jamais surfées, les scorer seul au line-up et bien sûr donner un nom à la vague. Ils reviennent pour nous sur cette expérience magique et la découverte de trois nouvelles vagues qu'ils vont retranscrire dans une série de trois articles sur le blog OXBOW. Après la fameuse "Gauche de Bambi", voici le deuxième récit de Lost in the Swell : "le spot en bois".

 

Nous roulons plusieurs jours dans la forêt pour trouver le spot 

 

 "Au départ de Mayumba, bien plus au nord, une falaise tombant dans l'eau nous coupe la plage. C'est juste derrière, que potentiellement, se trouve un nouveau spot. Nous n'avons guère le choix que d'emprunter la route latérite nettement plus agréable pour rouler. Nous avons prévu des foulards pour se protéger de la poussière lors des passages occasionnels de véhicules. Plus nous avançons, plus la route s'enfonce dans les terres, et plus le dénivelé devient exceptionnel. Des montées interminables, mais aussi de grandes descentes qui nous font repartir directement en enfance. De vrais gamins le trio Lost in the Swell !

 

Deux jours plus tard, nous apercevons l’océan. Nous descendons une pente vertigineuse et rejoignons la mer. Nous sommes à la pointe de Panga, mais hélas, ce n'est pas un spot. Il y a une belle pointe très sauvage qui pourrait donner une gauche, mais de nombreux rochers aux positionnements aléatoires détruisent les vagues, c'est insurfable. Nous passons notre chemin, bien blasés, mais gardons espoir pour la suite. Une configuration intéressante du littoral se trouve à seulement quelques jours. On décide alors de s'arrêter dans un village. Les habitants nous accueillent chaleureusement. On s'écroule de fatigue dans une case louée. Il nous faut du repos, du ravitaillement et réparer du matériel.

 

Le lendemain nous arrivons à cette fameuse pointe. C'est flat, mais magnifique ! On s'engage sur la plage. La côte tourne faisant quasi un angle droit. Cette configuration nous laisse penser que cette nouvelle gauche est dingue ! Une vague de bonheur nous envahie, nous avons la sensation de trouver le Graal. On crie de bonheur encore une fois comme des enfants ! Nous roulons alors vers la fin du spot. Aucune trace d'animaux, mais la marée est descendue il y a peu de temps lissant ainsi le sable. On se doute que les indices de vie sauvage ont disparu. Une lagune se dessine plus bas et de nombreuses billes de bois énormes jonchent le haut de la plage. On s'y approche, et doucement, une légère dune prend de la hauteur, et là, sur le sable sec, où l’océan ne peut l'atteindre, nous apercevons des traces de bestioles partout ! Il est certain qu'on ne peut installer le campement ici. La houle est prévue les jours prochains avec de gros coefficients. Il se pourrait même que les prochaines conditions baillaient la rive séparant lagune et océan. D'ailleurs, on goûte l'eau, pas de surprise, elle est salée. Nous faisons des allers-retours, pas de solutions, il faut monter le camp dans la forêt. L'idée nous plaît que moyennement, mais nous n'avons pas le choix. On s'installe, toujours sur nos gardes (des sentiers d'éléphants sont proches du camp), on se détend, on explore les lieux et le temps passe... 

 

Les activités quotidiennes sont diverses : atelier décos au Posca sur les planches Notox, Ronan lance des time lapse de jour comme de nuit. Il bricole aussi son panneau solaire, ses circuits, disques durs, boîtiers Nikon etc. En attendant, Ewen pêche et nous offre des « rouges » et des otolithes (sorte de bar local) pour les repas. Quant à moi, je ramasse toutes les claquettes et autres chaussures sur la plage. Ça me rappelle les Îles Salomon où nous avions ramassé tous les déchets et terminé par tout brûler. On observe régulièrement le spot sous différents angles, on se retrouve autour du feu pour analyser son potentiel. Nos réserves d'eau diminuent à vue d’œil et chercher de l'eau douce fait aussi partie de nos activités. Ewen et Ronan partent à la recherche d'une mare et au bout d'une heure à zigzaguer dans la savane, ils y arrivent enfin. Bonne nouvelle, l'eau est douce. Le seul bémol, il y a des traces fraîches d'hippopotames partout ! Ils rentrent néanmoins avec 20 litres d'eau à filtrer.

  

vie sauvage
 
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vie sauvage
 

Une vague difficile qui déroule dans le shore break 

 

Finalement, un matin, les vagues sont là ! On check un bon moment laissant l'aube passer et la lumière se faire plus rassurante pour éviter les requins. Mais il y a un truc qui cloche. On n'avait pas vu un amas de roches suffisamment proche de la plage pour pourrir les trains de houles. Les lignes ne gonflent pas au peak mais à l'extérieur, et plus exactement sur l'épaule de la vague, qui se transforme en une barre fermante. On attend séries après séries, et petit à petit, on se sent dépités. En plus qui dit rochers, dit poissons, et qui dit poissons dit requins ! On continue à attendre, la marée change, certaines belles séries passent... On décide finalement d'aller dans l'eau pendant que Ronan se positionne pour ses prises de vues. Il y a quelques séries parmi d'autres qui se transforment en mousse et se reforment un peu bizarrement. Les intermédiaires collent le bord, sont rapides, nettement plus petites, mais beaucoup plus propres.
 
Malgré tout, une fois au peak, entre la rive et ces blocs, on chope des vagues mais impossible de les lire. Elles sont trop aléatoires et leurs formes sont trop changeantes. Une qui semble pourrie, redémarre bien et celle qui semble bien partie fait complètement de la m… ! On se retrouve avec Ewen à l’extérieur de l'eau pour parler de notre positionnement, tout en louchant sur celles du bord. Ronan nous rejoint pour donner son avis : « On essaie une nouvelle fois et au bord ? » « Ok, allez go. » Au final, certaines vagues étaient très jolies, mais pour les choper, ça n'a pas été de tout repos. On peut même dire que ça nous a coûté très cher en énergie.
 
Nous avons surfé plusieurs jours, à toutes les marées, avec bien heureusement quelques moments de réussite. Ce n'était franchement pas facile, mais le bilan est quand même plus que positif, nous sommes contents. Dix jours de campement au total, nos réserves de nourriture s'amenuisent, et nous avons bien fait le tour des environs. Avant de partir, nous validons définitivement le nom de cete nouvelle vague. Mi-spot, mi-mirage et en raison du nombre de troncs d'arbres sur la plage, de sa complexité, de nos moments de galères, il nous a semblé évident de la nommer le « spot en bois » !

 

vie sauvage

 

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Écriture Aurèl Jacob. Photos Ronan Gladu.

Pour vous faire patienter jusqu'au 10 mars, nous partagerons chaque semaine sur notre compte Instagram et notre page Facebook des photos exclusives de leur aventure ! 

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