06.01.2017
Lost in the swell : découverte de la vague "la Gauche de Bambi"
Voyages | Découverte de trois nouvelles vagues

 

Les trois bretons Ewen, Aurèl et Ronan du collectif Lost in the Swell ont parcouru les côtes de l'Afrique de l'Ouest pour dénicher des vagues vierges. Ils ont réalisé le rêve de tous les surfeurs : dénicher des vagues jamais surfées, les scorer seul au line-up et bien sûr donner un nom à la vague. Ils reviennent pour nous sur cette expérience magique et la découverte de trois nouvelles vagues qu'ils vont retranscrire dans une série de trois articles sur le blog OXBOW. Voici le premier récit de Lost in the Swell sur la vague "la Gauche de Bambi".

 

L'apprentissage passe par la découverte

 

"Surfer dans de bonnes conditions est parfois compliqué. Il faut tomber au bon moment, au bon endroit et c'est toujours un casse-tête ! On a tous pris des râteaux... Même sur nos home-spots. Comme la plupart des surfeurs, nous avons dans nos vies, suivi naturellement les autres. Nous avons été guidés par nos aînés, des anciens, qui nous ont ouvert la voie de l'océan, enseigné les bases, la technique et allumé cette petite flamme appelée la passion. 

Nous sommes également allés piocher des infos dans les « storm-rider », « Surf Session » et j'en passe. Mais au commencement, il y a bien évidemment eu une personne qui a fait le grand saut,  quelqu'un qui a découvert le spot, qui s'est aventuré dans l'eau. On pense immédiatement au mythique film « The Endless Summer », lorsque Robert August et Mike Hynson, loin de leur Calif natale, découvrent et s'engagent sur de nouveaux spots dans les années 60. Ils surfent les premiers au Sénégal non loin du Gabon et à Jeffreys Bay en Afrique du Sud. 

Pas forcement besoin d'aller très loin pour dénicher de nouveaux spots. En Bretagne, on découvre des spots encore de nos jours. Il suffit parfois d'aller voir derrière un bout de cailloux pour potentiellement découvrir une bonne surprise. Mais cette quête, cette aventure à la maison, n'a rien à voir non plus avec celle de partir loin de chez soi, traverser des terres inconnues, des savanes, des forêts, descendre d'une falaise et puis s'engager dans l'eau, loin de tout, de tout  moyen de secours et de rapatriement.

C'est ce que nous avons vécu en explorant les îles Salomon (saison 2 de Lost in the Swell) et une large partie de la côte gabonaise durant l'été 2016.

 

Être pionnier, ce rêve qui anime tous les surfeurs 

 

Découvrir un spot, c'est comme un chauve qui a l'espoir de voir ses cheveux repousser (l'auteur de ces mots n'a pas beaucoup de cheveux, ndlr), ou encore un Inuit qui a l'espoir de trouver un rouleau de printemps. Le ton est donné...

La Gauche de Bambi (ou Bambi's left pour les anglophones) se situe à 5 880 km de Paris, à 500 km de l'aéroport de Libreville et à 58 km de Mayumba qui est le dernier village le plus au sud du pays. Pour faire ces 58 km et atteindre notre première vague, il nous a fallu 3 jours et 3 nuits. Et elle nous a donné du fil à retordre ! Notre campement était placé à la pointe de la baie, juste en face du départ de la vague. De nombreux sitatungas (antilopes) venaient s'abreuver à la lagune relativement proche de notre installation. L'un des leurs, moins farouche, semblait habitué aux caméras. Nous avons supposé que c'était Bambi à la retraite et avons décidé de baptiser cette vague la Gauche de Bambi (cette blague vous est offerte par Lost in the Swell, ndlr).

  

vie sauvage
 
vie sauvage
 
vie sauvage
 
 
 

Par petite houle, nous avons essentiellement surfé son début, car seul son peak principal fonctionnait. Nous avons nommé le départ de Bambi's left, « Mad Max's peak » en raison des torchères au large. Quoi qu'il en soit, nous étions aux premières loges. 


«  Il ne faut pas vendre la peau du buffle avant de l'avoir tué ». Tel l'adage africain, une fois le spot trouvé cela ne veut pas dire que la partie est gagnée ! Lorsqu'on regarde les photos de Ronan avec ces line-up de folie, on se dit : « Ça a l'air grave ! Ils ont dû se gaver ! ». Pourtant nous sommes parfois passés complètement à côté. Sans dramatiser, on a eu de bonnes vagues, mais c'est compliqué de bien surfer un spot pour la première fois voire même les sessions suivantes ! On peut, sans mentir, dire qu'on a fait de bons gros fiascos à l'eau. Il y avait aussi le stress à l'idée de rencontrer les requins qui gravitaient autour de nous. Rajoutez à celà les crocos du Nil qui ont été repérés par des pêcheurs... Sans parler du courant qui nous décale à une vitesse phénoménale. Pas moins d'une centaine de mètres en un claquement de doigts et encore plus lorsque la série était passée. D'ailleurs, cette histoire de « jus » devient vite relou, puisque nous sommes systématiquement décalés de notre unique pote à l'eau. Sans cesse ramer, se péter les bras pour se maintenir face à ses points de repère, le bilan était parfois catastrophique. 

 

vie sauvage

  

vie sauvage

 

vie sauvage

 

Quelques jours après notre arrivée et après un petit swell offrant des mini vagues, une vraie houle est annoncée... Genre quasi 2m et 15 secondes de période. Les reports retranscrits par 'phone-sat' de nos potes bretons semblent cohérents. On est sur le pied de guerre ! 

Un jour passe, puis un deuxième, mais rien ne se présente. On écrit aux potes, et d'après eux le swell est sensé être déjà là ! On croise les doigts pour le lendemain, on se couche très tôt en prévoyant un lever à l'aube et rien à faire des requins !
Le lendemain, grosse déception, ambiance de m*rde, on déjeune en silence avec de temps à autres quelques hypothèses pourries. Les heures passent, on touche le milieu de matinée, rien de plus si ce n'est que le soleil commence à taper.  


Après observation du spot je trouve quand même curieux ce gros volume d'eau pour si peu de taille. Du coup, je prends un bike et je commence à descendre la baie cachée par la forêt. Plus j'avance et plus je vois des lignes grossir...
Et un moment, bien plus bas, à 2 km au compteur du campement, les vagues n'étaient plus petites et épaisses mais nettement plus grosses avec un mur bien vertical ! L'orientation de la houle était axée pour le bas de la baie et non pas en haut du spot ! Demi-tour ! Nous avons eu de vraies belles vagues que nous avons malheureusement bien mal surfé ! La vague se déplace tout en accélérant et nous n'avions pas le temps de nous adapter, et pourtant, c'était quand même on fire ! Mauvais placement, mauvaise anticipation et mauvais timing. Ewen sort encore plus blasé que le début de matinée. C'est incontestablement lorsqu'il était au camp, qu'il y a eu un créneau plus facile sur lequel j'ai réussi à sortir quelques tubes... 


Le temps du swell et de plier le camp, nous prenons la direction du nord. Ce fut une belle entrée en matière. À trois jours de vélo de Mayumba, on a eu le temps de réfléchir à nos erreurs et de se préparer aux autres vagues, que je vous reconterai dans un prochain article."   

 

Écriture Aurèl Jacob. Photos Ronan Gladu.

Pour vous faire patienter jusqu'au 10 mars, nous partagerons chaque semaine sur notre compte Instagram et notre page Facebook des photos exclusives de leur aventure ! 

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