31.01.2017
Lost in the swell : découverte de la vague "Tarzoon"
Voyages | Découverte de trois nouvelles vagues

 

 

Lost in the Swell, c'est l'aventure de trois surfeurs partis explorer les côtes d'Afrique de l'ouest pour dénicher des vagues vierges. Ils ont réalisé le rêve de tous les surfeurs : dénicher des vagues jamais surfées, les scorer seul au line-up et bien sûr donner un nom à la vague. Après la fameuse "Gauche de Bambi", et le "Spot en Bois", voici le troisième et dernier récit de Lost in the Swell : "la vague de Tarzoon".

 

On monte notre campement dans la savane  

 

"À notre arrivée sur le spot, après plusieurs heures d'exploration en fatbike, la découverte de cette nouvelle gauche se fait comme prévue, à marée basse. Tout comme « le spot en bois », une plage étroite tourne en équerre, un parfait angle droit. Nous décidons d'explorer les lieux comme à notre grande habitude. Le fait qu'il y ait une lagune en bas du spot ne nous surprend guère. Une nouvelle fois, c'est le lieu propice pour rencontrer des animaux. Inutile de parler des traces d'animaux environnants, il y a toute la collec' : éléphants, gorilles, hippos, crocos du Nil, sitatungas, potamochères...Aurons-nous la "chance" de surfer avec des hippos ? Le Gabon est le seul endroit au monde où ces grands amphibiens font du bodysurf dans les vagues ! 

 

Après quelques minutes consacrées à nos talents de pisteur, nous remarquons de l'autre côté de la lagune que la plage est coupée par la végétation. La montée des eaux est significative, de nombreux arbres de cette forêt dense tombent sur la plage nous laissant ainsi septiques sur la sortie d'eau à marée haute. C'est marécageux à certains endroits, impossible d'envisager un campement dans un bourbier pareil ! Sur nos écrans GPS, une tache très claire se dessine à 100 m de notre position dans les terres. C'est l'espoir de trouver un terrain pour notre campement. À coups de machette, on taille notre chemin qui prend légèrement de l'altitude. La forêt dense laisse place à une magnifique savane. Voilà un hectare rien que pour nous ! L'herbe est jaune fluo cramée par le soleil d'été et la saison sèche. Nous choisissons de se poser tout au fond de cette parcelle dégagée de toute végétation contraignante. Un peu de repos et de calme. Ronan prépare à manger à l'aide de notre petit réchaud.

 

N'étant pas du tout rassuré, je démarre un petit feu de fortune pour prévenir quiconque de notre présence. Notre éco-garde, Anicet de Mayumba, insistait sur l'intimidation que provoquait le feu sur les animaux. C'est d'ailleurs la mission d'avoir suffisamment de bois pour maintenir le feu toute la nuit. Lors de nos déplacements, systématiquement, il allumait et brûlait consciemment la savane après notre passage. Les animaux (surtout les buffles et les sitatungas) rafôlent des jeunes pousses qui se développent après le feu. Ainsi la savane se regénère plus vite et cela permet d'attirer les animaux à l'intérieur du parc où ils sont protégés. En raison de plusieurs facteurs, j'ai comme qui dirait, perdu le contrôle des choses...Une partie de la parcelle est partie en fumée ! Pas de panique, tel le phénix la nature renaîtra de ses cendres et de nouvelles pousses feront le bonheur des herbivores. Bref, c'est notre plus belle entrée en matière de camping du trip !

 

La plus grosse houle de notre trip est en avance. Quelques lignes se dessinent en fin d'aprèm. Avec Ronan on regarde longuement le spot. Il réfléchit à son positionnement pour filmer le lendemain matin. Ewen profite du calme avant la tempête pour pêcher. Le vent de fin de journée est tombé, il sort une belle carpe rouge de plusieurs kilos ! La nuit tombe, les étoiles scintillent et c'est le ventre plein que nous allons nous coucher. La nuit fut compliquée. Nous sommes à l'abri du vent, posés dans la savane et collés à la forêt, on distingue très bien certains bruits d'animaux. Bonsoir l'imagination... Au milieu de la nuit, c'est l'océan qui nous réveille. Les trains de houles s'écrasent sur la pointe avec fracas et aucun autre son ne devient perceptible. Nous sommes bercés par ce refrain qui nous accompagne jusqu'au lever du jour. 

 

  

vie sauvage
 
vie sauvage
 
vie sauvage
 

La vague Tarzoon, le graal de notre trip 

 


Debout ! Il fait encore sombre. Le spot est en saturation totale. De grosses mousses entrent complètement dans la forêt. On entend les branches se casser ! Il semblerait également que la lagune se remplisse à chaque passage de vague. Ewen et moi partons à l'aventure dans l'eau. Nous sommes bien en amont du spot pour utiliser son courant. Pendant ce temps-là, Ronan galère pour trouver un angle de vue. Avec son appareil et son pied dans un bras et une machette dans l'autre, il joue au bûcheron et cherche un angle à 180° sur le spot. Ce n'est pas gagné. Notre première sortie de l'eau se fait dans le stress. En effet, c'est impossible d'entrer dans la forêt par le shorebreak. Il faudrait être inconscient pour tenter. La décision de ramer jusqu'à la lagune est la seule solution. À l'aide d'une mousse, on arrive sur le banc de sable. Il faut ensuite marcher dans la forêt marécageuse pour retourner au peak. Je m'enfonce des aiguilles dans le pied gauche. La douleur est peu significative. Les environs sont beaucoup plus intimidants et les conditions sont dingues !


Pendant ce temps-là, à plusieurs reprises, Ronan se fait surprendre par les séries qui ravagent littéralement la forêt. Il joue même à Tarzan n'ayant d'autre choix que de sauter dans un arbre plein d'épines pour se mettre à l'abri. Une fois de nouveau à l'eau, nous sommes incapables de voir où se situe Ronan dans toute cette végétation. Seuls nos coups de sifflet à l'aide de nos doigts nous permettent de communiquer avec la terre ferme.  Ronan nous répond à l'aide d'un vrai sifflet de maître-nageur attaché autour de son coup (nous avions prévu ce moyen de communication en cas d'urgence). Positionnés précisément au peak, tout en ramant à contre-courant pour nous maintenir, on l’aperçoit enfin ! Il est comme un singe suspendu dans une immense masse verte !


Nous partons sur la deuxième et troisième vague de la série. La  vague est facile de lecture. Elle nous laisse franchement le temps de tricoter, de se balader de bas en haut, et de partir loin sur l'épaule pour mieux revenir dans le curl. Magique ! La matinée se passe, nous avons nos points de repère avec Ewen. Une partie de la plage se découvre avec la marée et nous permet de remonter le spot plus rapidement, nous évitant ainsi le passage pénible de la forêt. C'est un vrai duathlon pour mériter ces vagues magnifiques ! Si on compte la mise à l'eau, la rame pour aller au peak, le surf de la vague, la sortie de l'eau, le passage par la forêt et la descente sur la plage pour boucler la boucle, la moyenne est de 30/40 minutes le tour ! 
 
Les jours passent et la houle également. On surfe énormement ! Un soir, las de la journée, de bonne humeur, discutant de tout et de rien (et après quelques verres, ndlr), j'aborde le sujet d'un vieux dessin animé : « Tarzoon ». Cette parodie animée Franco-Belge caricature Tarzan dans un univers totalement burlesque. Ewen et Ronan ne connaissant pas, je me fais une joie de leur raconter l'histoire. Fous rires garantis ! Entre nos galères cocasses et cette vague qui termine son chemin dans la forêt obligeant Ronan à grimper dans les arbres, le nom du spot était tout trouvé : "Tarzoon" !

 

vie sauvage

 

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Écriture Aurèl Jacob. Photos Ronan Gladu.

Pour vous faire patienter jusqu'au 10 mars, nous partagerons chaque semaine sur notre compte Instagram des photos exclusives de leur aventure ! 

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